Rassegna Stampa

30 Maggio 2012

Si Elisabetta Foradori m'était contée…

di Patrick Böttcher

«L’homme moderne a oublié que presque toutes les activités humaines gravitent autour de l'agriculture»

Elisabetta Foradori est sans nul doute à l'origine des vins les plus célèbres de la région montagneuse du Trentin. Plusieurs de ses vins sont issus d’un cépage rouge local et ancestral, le Teroldego, qu’elle a fait renaître dans son domaine familial au prix de 20 années d’un exceptionnel travail accompli.

Mais Elisabetta n’est pas ou n’est certainement pas qu’une étoile du vin, elle est avant tout une poétesse de la vie à travers la vigne, assurément une des personnes les plus captivantes que j’ai pu lire ou rencontrer. Pour beaucoup d’amoureux du vin italien comme pour moi, elle a réussi à faire d’un simple intérêt pour le vin, une véritable dimension spirituelle.

J’espère à travers ce texte, largement inspiré de ses écrits, vous transporter, même infiniment peu, vers cet espace où œnophilie et spirituel se rejoignent dans un monde qui s’appelle nature et vie et, où, tout semble en harmonie, une harmonie que j’ai toujours retrouvé dans des œuvres musicales comme Pavane de Gabriel Fauré, La Moldau de Bedrich Smetana et Cavatina de Stanley Meyers et que j’invite à écouter ou réécouter en lisant tout ceci…

 

Des Dolomites à …

Les Dolomites sont une chaine de montagne qui s’étend principalement sur les provinces de Trentin et Haut-Adige (Trentino-Alto Adige) mais aussi de Vénétie (Veneto) et du Frioul Vénétie Julienne (Friuli Venezia Giulia). Leurs sommets qui peuvent atteindre 3000 mètres, alternent avec de nombreuses vallées où l’homme s’est largement installé.

Parmi les activités humaines de la région, la viticulture est aujourd’hui très répandue, principalement dans sa partie Ouest où de nombreuses preuves de culture de la vigne ont été répertoriées au moyen-âge bien que la viticulture y existait sûrement aux périodes étrusques et romaines. Mais il s’agissait certainement d’une production visant à satisfaire la demande locale et ce avec des vins aux teneurs alcooliques assez faibles qui ne permettaient certainement pas une grande garde.
Si l’Alto Adige voisin avait vu naître dès le Xe siècle, une réelle forme de viticulture qualitative sous l’impulsion des autorités ecclésiastiques locales et avec le bénéfice de l’axe commercial développé entre l’Autriche, la Bavière, la Bohème et la Suisse, il faudra attendre le XVe siècle pour trouver des évidences de commerce de produits viticoles qualitatifs en Trentin. Antérieurement à cette période, les monastères et les marchés du Veneto et de la plaine du Pô se fournissaient principalement dans les vignobles de Vicenza et de Vérone ; les seuls produits du Trentin considérés comme commercialement intéressants étaient le bois, le foin, et l’huile d’olive issue essentiellement des alentours du lac de Garde.

C’est donc à partir du XVe que l’implantation des cépages Teroldego, Marzemino, Gocciadoro, Rosso d’Isera, Malvasie et Schiava a enfin permis de réaliser des vins avec des teneurs alcooliques plus élevées, permettant dès lors une conservation plus importante et des transports à longue distance.
A cette nouvelle forme d’exportation, devait aussi répondre une plus grande précision dans l’identification des cépages et de l’origine des vins. Une des premières formes de réglementation qui en découla fut le contrôle de la maturité pour les vendanges. Plus l’activité commerciale viticole se structura et se réglementa, plus la production de vins connut une croissance importante, ce qui ne manqua pas de créer de fortes rivalités avec le voisin d’Alto Adige pour le contrôle du très convoité accès aux marchés du Nord .

En 1709, une période de gel sans précédent modifia complètement la viticulture européenne, résultant en la destruction de nombreuses espèces génétiques végétales qui s’étaient développées lors des siècles précédents. On assista dès lors à l’avènement de l’utilisation de cépages plus productifs et surtout plus résistants au froid. Bien plus encore, au 19e siècle, les maladies comme le phylloxera, l’oïdium et le mildiou, qui avaient déjà ravagé une grande partie de la viticulture européenne, atteignirent le Trentin, décimèrent ses vignes et provoquèrent l’introduction de cépages encore plus « exotiques » avec lesquels le vignoble fut très largement replanté.
Fort heureusement la géographie montagneuse de la région permit aux vallées les plus protégées de continuer la culture de variétés comme le Teroldego, le Marzemino et la Nosiola, assurant ainsi la sauvegarde du patrimoine ampélographique historique du Trentin.

Suite à sa situation de région frontière du Nord et en fonction des nombreux changements politiques auxquels il dut toujours faire face, le Trentin ne put réellement jamais se réclamer d’une image de région viticole italienne à part entière, ce qui nuisit plus que partiellement à son développement économique. Il fallut en fait attendre la fin de la première guerre mondiale pour voir les échanges commerciaux Nord-Sud réellement s’intensifier et doper vraiment l’exportation des vins.
Ce nouvel et vrai essor commercial devait s’accompagner dans les années soixante des incontournables effets de la mécanisation, de l’élévation des rendements ainsi que de la recherche d’un goût uniformément standardisé promouvant à nouveau l’utilisation de variétés internationales. Bien plus que les colères de la nature, tout cela réduisit l’héritage variétal ancestral presque à néant.

Paradoxalement, cette dynamique allait tout de même définitivement profiter au Teroldego, cépage assez prolifique, qui, par sa très bonne adaptation au climat et aux sols drainés de la région, s’avéra un bon modèle économique. L’obtention de quelques clones hyper résistants et hyper productifs dopa encore sa réimplantation. Il n’est donc pas étonnant qu’il fut en 1971 le premier cépage du Trentin à obtenir la DOC.

Aujourd’hui, la région du Trentin représente environ 1,5% du vignoble italien et comprend une soixantaine de domaine assez petits dont 80% apportent encore leurs raisins à la cave coopérative.

Face à l’utilisation classique et productive du Teroldego, il fallut attendre la période vraiment contemporaine pour voir certains domaines se réorienter à travers ces variétés ancestrales, en recherchant cette fois leur aspect qualitatif, en faisant réapparaître une vraie biodiversité, en diminuant drastiquement l’usage d’intrants chimiques ainsi que l’importance de la mécanisation dans toutes les phases de la production.
Ce mouvement permit ainsi la renaissance de vins témoins de l’expression unique d’un terroir et de ses fruits.
C’est clairement dans ce mouvement qu’Elisabetta Foradori a inscrit son travail au sein de « ses » Campo Rotaliano et Fontanasanta

 

… Elisabetta Foradori

Le domaine viticole principal, situé à Mezzolombardo dans le Campo Rotaliano fut fondé en 1901 et acheté en 1929 par Vittorio Foradori, le grand-père d’Elisabetta. Son fils Roberto en pris la succession en 1960 et c’est sous sa direction que furent commercialisées les premières bouteilles de « Foradori ». Suite à son décès prématuré en 1976, son épouse, Gabriella assure l’intérim avant qu’Elisabetta, en 1984, après ses études à l’école viticole San Michele All’Adige, ne produise son premier millésime à l’âge de 20 ans. Si cette prise de relais peut paraître avoir été bousculée par les évènements, Elisabetta insiste sur le fait que sa destinée de vigneronne a toujours été inscrite en elle, depuis sa prime enfance, elle qui se passionna pour la botanique dès ses 14 ans. D’autant, elle avoue ne jamais avoir subi de vraies pressions familiales pour assurer cette succession qu’elle assume toujours avec plus de passion, en plus de son rôle de mère de 4 enfants.
Je me suis tout de même amusé à lui demander ce qu’elle aurait désiré faire en dehors de la vigne et comment elle imaginait l’avenir… elle m’a répondu qu’elle aurait probablement fait de la musique ou des études de littérature si la vigne n’avait pris le dessus et qu’elle souhaite probablement un jour « se retirer » en pleine nature, plus haut dans les montagnes, là où elle séjourne déjà, pour y élever des vaches dans le but de produire des fromages… comme un lien indéfectible à la nature.

Mais revenons à son cheminement de vigneronne : Persuadée que l’histoire de sa vie sera intimement liée au Teroldego, le grand cépage ancestral de la région, Elisabetta effectue dès 1985 des sélections massales, amenant à l’enregistrement de 15 clones différents. Son idée directrice est de sélectionner chaque clone en fonction de sa meilleure adaptation, interaction avec chaque microcosme.
Parallèlement, elle se préoccupe de développer le concept « de la graine à la grappe ». Dans ce but elle collabore très largement avec une université milanaise pour l’obtention de variétés naturelles de Teroldego à partir des graines, variété qu’elle regreffe ensuite dans ses vignes. Aujourd’hui, c’est plus d’une centaine de variétés de Teroldego qui peuplent les vignes du domaine…

En 1986, le premier Granato, cuvée emblématique du cépage est produit. Le succès est immédiat et … foudroyant. Dans les années qui suivent, Elisabetta proposera encore d’autres cuvées comme Morei, Sgarzon, Ailanpa, Karanar, en rouge et Myrto, en blanc. Certaines de ces cuvées demeurent aujourd’hui, d’autres ont disparu, de nouvelles sont apparues… tout reste toujours « évolution » au domaine.

Malgré le succès que connaissent ses vins, Elisabetta s’avoue, fin des années 90, fatiguée par ce qu’elle produit. Elle se tourne alors naturellement vers la biodynamie qu’elle adopte définitivement en 2002, cherchant ainsi à apporter plus de pureté et d'équilibre à ses vins.

En 2007, elle rejoint le consortium Vinatur et en 2009, elle reçoit l’agrément Demeter. Si elle respecte au fond d’elle-même ce label, elle regrette toutefois sa « mondialisation » et son orientation économique actuelle, raison pour laquelle elle ne le revendique pas sur ses étiquettes. Elle conserve toutefois des relations très positives avec les autorités du label et collabore à des réflexions communes.

Dans le même ordre d’idée, elle voit aujourd’hui plutôt d’un très mauvais œil la récupération économique des dernières décisions européennes sur le label bio du vin.

Elisabetta va littéralement rayonner à travers ses vins dès la fin des années nonante à travers toute l’Italie ainsi que dans nos régions plus nordiques. Il n’y a là rien de fort étonnant vu qu’en plus d’une rare simplicité, elle est animée d’une passion qui parvient à réunir intelligence, travail et art, son intérêt pour les travaux du collectif Arte Sella qui réunit art et nature en est un exemple.

A travers sa participation au groupe « Renaissance des Appellations », elle impose tout autant le respect de ses pairs, plus particulièrement au sein des Donne di Vini (Femmes du vin) qui en font un de leur modèle d’admiration.

Voulant toujours aller de l’avant, elle loue en 2007 les terres agricoles d’un domaine au-dessus de Trente, « Fontanasanta » afin d’y revaloriser un autre cépage blanc autochtone pratiquement oublié, la Nosiola.
Parallèlement, à la recherche de l’obtention de la meilleure expression pour ses vins ainsi que de la meilleure solution de macération pelliculaire, elle est vite fascinée par la qualité du fruit obtenue par la vinification en amphores par le domaine COS en Sicile et par plusieurs vignerons en Espagne d’où est originaire cette méthode de vinification. Elle décide en 2009 de franchir le pas et de vouer certaines de ses cuvées à cette forme d’élevage.
Cette technique, elle l’applique alors en blanc, sur le Fontanasanta Nosiola (100% nosiola), ainsi qu'en rouge, sur les cuvées Sgarzon et Morei (100% teroldego). Une petite expérience est actuellement en cours sur son autre cépage blanc, le Manzoni Bianco, mais sans les peaux.
A terme, toutes ses cuvées devraient connaître l’amphore, même le Granato.
Elle produit ainsi des vins d'une pureté désarmante, d’autant que, plus que jamais, elle cherche pour ces vins de les inscrire dans le courant des « Naked Wines » ou vins naturels.

Il faut encore ajouter à ce parcours l’association, depuis 2002, avec ses amis Giovanni Podini et Thomas Widmann, Elisabetta dans le domaine Ampeleia près du village toscan de Roccatederighi dans l’intérieur des terres de la Maremme (30 km des côtes) sur le sommet des collines de Massi. Ce projet a pour but de travailler sur la biodiversité des grands cépages méditerranéens.

Toujours dans le côté associatif, Elisabetta est largement à l’origine de la naissance du groupe « I Dolomitici, 11 Vignerons Libres des Dolomites » qu’elle partage avec Eugenio Rosi, Castel Noarna, Cesconi, Elisabetta Dalzocchio, Maso Furli, Molino dei Lessi, Gino Pedrotti, Francesco Poli, Vignaiolo Fanti et Vilar. On y retrouve tous les ingrédients du travail d’Elisabetta mais additionné de chaque autre expérience de chaque partenaire, dans un grand esprit de liberté. Un premier vin est né de cette réunion : Ciso, issu de vignes francs de pieds centenaires de Lambrusco dont les vignerons ont empêché l’arrachement en louant les parcelles. Pour en savoir plus sur I Dolomitici, cliquez ici.

Cette permanente évolution, la volonté de comprendre la nature tant à la vigne qu’à la cave et 10 ans de préparations biodynamiques lui ont permis d’appréhender combien le respect et la compréhension des cycles naturels sont directeurs d’un grand vin. A travers les joies, les peines, les certitudes et les doutes, la toujours jeune dame du Campo Rotaliano a parcouru un incroyable chemin pour en arriver à produire aujourd’hui des vins aussi « vivants » et « purs » que ses yeux profonds vous emmènent comme des racines aux tréfonds du terroir.
Au-delà de la revalorisation d’un terroir, de cépages ancestraux, Elisabetta Foradori nous offre bien plus que du vin, elle nous offre de la vie !

Comme je pense qu’Elisabetta m’en voudra de lui verser tant d’honneurs, je me permettrai simplement de modérer tout ceci en assimilant à son travail et à sa réussite, sa Maman, le cordon bleu du domaine, ses enfant dont, Emilio, son fils, qui, après des études de politique et de philosophie, termine aujourd’hui sa formation de vigneron dans un groupe international de jeunes vignerons à Montpellier. Il y a lieu aussi de ne pas oublier d’associer à cette réussite ses plus proches collaborateurs : Maria, Elena, Daniela, Nely, Davide, Alessandro, Loris, Ennio, Lorenzo, Remo et Ezio.

 

Les terroirs

Le Campo Rotaliano

Même si les vignes se situent aux abords directs de l’agglomération de MezzolLombardo, ill paraît évident à l’esprit, dès le premier regard, que ce site d’une beauté remarquable a trouvé grâce à Elisabetta et sa famille.

Situé à la frontière entre le Trentin et l’Alto-Adige, à une vingtaine de kilomètres au Nord de Trente, le Campo Rotaliano est une vallée de 400 hectares formée par la confluence de la rivière Noce et du fleuve Adige et encaissée entre les falaises très massives des montagnes qui l’entourent.
Cette vallée d’une altitude moyenne de 270 mètres a été de tous temps une terre de passage pour les voyageurs et les marchandises ; déjà, à l’époque romaine, elle jouait un rôle clé en termes de carrefour commercial. De cette situation est né un véritable lieu d’échanges culturels vibrant au rythme des rencontres humaines.

La rivière Noce a littéralement façonné la plaine de cette vallée, charriant en aval des montagnes de nombreux débris rocheux de toutes sortes et divisant au cours des siècles la plaine en deux zones distinctes, chacune possédant son château et son village : Mezzolombardo et Mezzzocorona.

Si dès 1321, un document atteste de la valeur des vignobles de Mezzolombardo, il faut attendre le XVIe siècle pour voir apparaître de la littérature sur le Teroldego dont la culture s’est ensuite intensifiée, devenant ainsi un élément central dans la définition du paysage, de l’économie et même de la communauté de la « Piana Rotaliana ».

Malgré les sévices des inondations très fréquentes jusqu’au XIXe siècle, la valeur viticole de cette terre n’a jamais été mis en doute depuis le Moyen-Age : un sol pauvre et meuble, très drainant, un sol où se retrouvent tous les éléments des montagnes environnantes, protégé des vents et du froid par celles-ci, ce qui résulte en un climat tempéré d’autant que la réflexion de la chaleur du soleil sur ces mêmes montagnes permet encore plus de modérer les grands froids.
Au XIXe siècle, le lit de la Noce fut définitivement géré et détourné vers le sud, cette étape permettant à la région d’acquérir sa morphologie actuelle ainsi que de lui éviter la menace des inondations.

Les sols ainsi libérés se révèlerent très complexes, d’une très grande variabilité qui est, en fait, fonction de la distance par rapport à l’ancien lit de la rivière : on y retrouvera, selon et en proportions différentes, du sable, des graviers et des galets de différentes natures, des granite et calcaires alpins du massif de Presanella, du grès porphyrique du massif de Ortles-Cevedale, du quartz porphyrique du Penegal, des calcaires alpins des Dolomites (massifs de Roen et de Brenta) et des ardoises avec en surface une couche d’argiles et de limons fertiles.
Cette assise a donc avec un incroyable potentiel en termes de diversité de minéralité et de microcosmes, potentiel qui exige d’être pleinement compris et maitrisé afin de lui permettre de transmettre ses caractéristiques les plus infimes au vin.

L’Azienda se situe au centre des vignes, dans un océan de verdure en plein village. Tout y rappelle la nature foisonnante et nourricière comme les nombreux sites de compostage.

Autour de la cour centrale, tout respire l’harmonie à travers les œuvres du collectif Arte Stella et la recherche de la beauté dans la simplicité tant au niveau de la salle de dégustation que des entrées des caves.

Chaque cépage a les honneurs d’une cave, foudres, fûts barriques et amphores pour le Manzoni Bianco, amphores pour le Nosiola, barriques et amphores pour le Teroldego… Harmonie … et diversité.


Fontanasanta

Situé à l’Est de Trente à 400 mètres d’altitude sur les hauteurs afférentes à la ville, le domaine s’étend sur un complexe intéressant où se mêlent agriculture, forêt et zones résidentielles, reflet de l’obtention d’un équilibre délicat entre l’homme et la nature.

Le nom de la Villa « Fontanasanta » provient de la rivière « Salùga » (variante de « Santa aga » (eau sainte)) qui coule à proximité. La propriété est entourée de bois et de vignes, alors que derrière elle, vers Martignano, s’élève le flanc de la vallée orienté au Sud. Sur cette terre vouée ancestralement à la chasse, s’est érigée depuis 1815 une villa de style Empire qui a appartenu à une famille très influente politiquement pour la ville.

Après avoir terriblement souffert des exodes et des sévices de la seconde guerre mondiale, la propriété, très endommagée, est rachetée après le conflit par Carl Von Lutterotti et Annunziata Consolati, son épouse, qui décident d’y superviser la plantation de vergers et de vignes, y établissant ainsi les bases de l’activité agricole actuelle.

En 2007, Elisabetta Foradori prend en location les terres agricoles de la propriété, attirée par l’incroyable équilibre amené par cette eau, miraculeuse ou non, sur le biotope.

La terre rougie par l’argile et blanchie par le calcaire a connu une vraie renaissance sous les auspices d’Elisabetta et est devenue un site idéal de production pour le cépage local Nosiola ainsi que pour le Bianco Manzoni dont les racines se mêlent ainsi profondément à cette terre et son histoire.

Aujourd’hui les cris du passé ont laissé la place au calme serein, désormais unique protagoniste des lieux, à peine troublé par les bruits de la forêt qui embrasse le vignoble et par les bruits de l’eau qui s’écoule en petits rus.

 

Les cépages

Le Teroldego

Le premier document écrit dans lequel le Teroldego apparaît remonte à 1383, où, dans une activité agricole entre Trente et Povo, un fût de « Vinum Teroldegum » est mentionné pour avoir été utilisé pour payer les intérêts sur un prêt. À l'époque, le cépage semble être cultivé entre Rovereto et le Campo Rotaliano. Il existe plus de documents du XVIe siècle qui attestent de sa production autour de Mezzolombardo, zone à laquelle il est toujours resté associé jusqu'à ce jour, alors qu’ailleurs, son utilisation a connu des déclins.
Il semble que cette spécificité locale soit plus que probablement due à une adaptation spécifique à l’environnement unique que constitue la « Piana Rotaliana », les montagnes qui l’entourent et la nature des sols comme décrits précédemment dans le chapitre « Campo Rotaliano ».

Le Teroldego est donc clairement un cépage de région montagneuse fraiche aux vallées tempérées, particulièrement adapté à ses sols bien drainés. En plus de sa rusticité, il possède de la vigueur et une notable capacité de résister aux alea climatiques.
Le Teroldego jouit ainsi en ces lieux des conditions exclusives pour exprimer au mieux son caractère floral, épicé ainsi que sa minéralité qui va littéralement boire les variantes de son terroir.

Ampélographiquement, le cépage se caractérise par de grandes feuilles pentagonales à trois lobes, des tiges allongées et pyramidales qui soutiennent des baies moyennes à petites, avec une peau bleue sombre, épaisse et résistante. Il est génétiquement assez proche de la syrah et donc de la Mondeuse. Le fruit est assez faible en tanins mais riche en arôme, en extraits, en acidité et en potentiel alcoolique. Vu son caractère assez prolifique, il est nécessaire de pleinement maitriser ses rendements pour lui permettre d’exprimer pleinement son terroir.

Aromatiquement, on retrouve variétalement des arômes de noyau, de la cerise, des notes de fumée, de végétal herbacé et des amandes.

Suite à la destruction du vignoble par les guerres et les maladies, les chercheurs ont assez vite tenté de redresser la crise du début du XXe siècle par l’amélioration génétique de la vigne au moyen de l’hybridation et de la reproduction.
En 1924, à la « Scuola Enologica di Conegliano Veneto », le professeur Luigi Manzoni (1888-1968) mena une série d’expériences pendant 10 ans qui aboutirent à l'enregistrement d'un certain nombre de clones provenant du croisement de variétés différentes. Parmi elles, le Manzoni Bianco (IM 6.0.13) est certainement la plus réussie. Résultant du croisement entre du Pinot Blanc et du Riesling, cette variété est maintenant présente dans presque toutes les régions italiennes et plus particulièrement celles de Vénétie, du Frioul-Vénétie Julienne et du Trentin.

Malgré sa remarquable capacité à s'adapter à des sols et des climats très différents, il semble bien que le Manzoni Bianco se développe idéalement dans des régions montagneuses avec des sols argilo-calcaire. Dans cet environnement, le cépage produit de petites grappes avec des baies de taille moyenne avec une peau jaune-vert très pruineuse et consistante.
Tactilement les vins qui en sont issus se caractérisent par un très bon équilibre entre la matière, la saveur et l’acidité. De par ses liens au Riesling, il demande une garde suffisante pour exprimer pleinement sa minéralité alors qu’il reste toujours arrondi et floral de par le Pinot Blanc.


La Nosiola

La Nosiola est le seul cépage blanc originaire du Trentin où il fut autrefois très répandu, particulièrement dans la Valle dei Laghi, les collines de Trente, la Pressano et la vallée du Cembra. Ces zones représentent encore les sites plus adaptés à sa culture. Sa description ampélographique date de la fin du 19e siècle mais de nombreuses références laissent supposer qu’au 16e siècle, ce cépage avait un rôle central au cours des banquets et célébrations religieuses de la région.

Le nom « Nosiola » semble dérivé d’une proximité de plantation avec des noisetiers sauvages qui poussent dans le même habitat vallonné et dont les fruits ont une couleur semblable aux baies de raisin murs.

La Nosiola préfère les sols argilocalcaires avec une faible fertilité, un habitat avec une biodiversité élevée, où les brises de l'après-midi et les températures plus fraîches de la nuit tempèrent la chaleur de la journée permettant au fruit de tenir sur la vigne jusqu'à la fin octobre. C’est une des raisons pour laquelle, dans certaines zones comme le Valle dei Laghi, ce cépage fut utilisé pour la production de Vino Santo, alors qu’ailleurs, il est exclusivement cultivé en sec.

Les feuilles sont assez petites, la grappe est à la fois cylindrique et allongée et les baies jaune-vert cireux ont une peau assez mince.

En raison de son aromatique assez neutre, la Nosiola a été généralement fermentée depuis longtemps sur les peaux. Ainsi une longue macération pendant l’élevage pourra réellement extraire la structure et les arômes qui caractérisent ce vin et lui procurer une grande longévité.

 

Viticulture

La viticulture prônée par Elisabetta est profondément liée aux principes de vie, de biodiversité et d’énergie, la biodynamie étant un facteur majeur pour cette dernière approche.

Avant toutes choses, le fait de travailler « avec » la nature, et non de conditionner celle-ci, à ses besoins améliore l’écoute, anime la pensée et mène à une compréhension plus profonde des processus vitaux. C’est clairement une dimension spirituelle qui est l’élément moteur du travail au domaine bien plus que les aspects matériels liés à la profession.
Le respect de la vie appliqué aux sols, à la flore et à la faune a amené Elisabetta à concevoir l’environnement des vignes dans une approche globale avec le but de favoriser au maximum la biodiversité tant des vignes que de leur environnement.
Dans cette optique, si les sélections massales demeurent le nerf de la guerre, elles se sont vues largement complémenter par un travail de production de variété de cep à travers le programme « De la Graine à la Grappe ».
Des variétés anciennes de fruits et de haies ont été replantées autour et dans les parcelles, la réintroduction de la faune animale du microbiologique aux espèces les plus grandes a été maximisée, de même, une grande variété de plantes a été semée entre les rangs.
Malgré l’effet nuisible de l’agriculture intensive qui entoure les vignes du domaine, papillons, insectes et oiseaux prolifèrent aujourd’hui dans le Campo Rotaliano et à Fontanasanta.

Si les conditions météorologiques le permettent, seul un travail minimal de grattage sur les 5 centimètres superficiels des rangs est mené. Dans les années très sèches, si la nécessité se fait sentir, les rangs sont labourés. En 2012, par exemple, la pluviosité a été presque nulle tout l’hiver et il est probable qu’un labourage soit pratiqué pour éviter une trop grande concurrence.
Le cheval n’est pas d’actualité pour le moment, mais Elisabetta ne renonce pas à y faire appel plus tard... ce n’est tout simplement pas à l’ordre du jour.

Depuis 2002, l’utilisation de préparats biodynamiques est venue s’inscrire dans le processus de revitalisation des sols afin de leur redonner l’énergie nécessaire à l’accomplissement d’une osmose totale avec la nature.

Côté plantation et taille, le choix s’est porté presque unilatéralement sur une densité de 6000 pieds à l’hectare majoritairement en taille guyot et en pergola pour le reste alors que cette dernière taille est clairement majoritaire dans le reste de la vallée pour le Teroldego.

Il va de soi que ni produits chimiques de synthèse, ni pesticides ou d'engrais ne sont utilisés. Les vignes sont certifiées ICEA et Demeter depuis 2009.

Tous les traitements de la vigne (compost, préparations biodynamiques, etc…) sont planifiés en respect absolu des cycles lunaires. Il en est de même dans le choix de la date des vendanges où l’autre facteur de codécision est la maturité gustative des baies et du noyau.
Les vendanges ont lieu en général fin septembre. Elles sont menées manuellement, à l’aide de petits cajots pour respecter le plus que possible la structure des baies, particulièrement pour le Manzoni Bianco, très fragile.

 

Vinification

Elisabetta et son équipe prônent la non-intervention à la cave où on tend à ne rien ajouter au vin, le seul souci pour l’homme étant de « guider » ce vin pour que ses caractères naturels puissent s’épanouir pleinement.

Il n’y a pas de pressurage au domaine. Cépages rouges et blancs font simplement l’objet de pigeages journaliers réguliers. Le Manzoni Bianco suit un cycle de vinification classique, alors que pour les autres cépages, les peaux sont conservées pour la macération. Les raisins font aussi classiquement l’objet d’égrappage sauf pour les rouges où, depuis peu, 30 à 40 % des rafles sont conservées pour permettre des macérations plus longues que les 20 jours actuels.

Pour les macérations, les fermentations et l’élevage, presque tous les contenants connus participent à l’élaboration des différentes cuvées du domaine : le bois des fûts d’acacia et de chêne ainsi que les grands foudres ouverts pour leur capacité à soutenir le vivant, l’argile pour laisser l’énergie du raisin s’exprimer pleinement, le ciment pour son inertie thermique et désormais les amphores espagnoles pour retrouver l’originel du raisin ainsi que sublimer sa minéralité. Certains vins élevés en amphore peuvent faire l’objet d’un affinage ultérieur en fûts de chêne ou d’acacia pendant 2 mois.

L’ensemencement est totalement indigène et la température pendant les fermentations n’est pas contrôlée. Les températures atteignent rarement d’elles-mêmes les 24° en amphores et 25-26° en fûts dans la cave. Si dans certains cas, la température s’avère plus haute, Elisabetta estime que 32-33° ne représentent pas une menace pour la fermentation de ses vins.
Tous les blancs font l’objet des fermentations malolactiques.

Pour les vinifications en amphore (principalement pour la Nosiola et le Teroldego), les vins sont laissés au contact de l’air jusqu’au moment où les fermentations alcooliques et malolactiques, sur les rouges comme sur les blancs, soient terminées, ensuite les amphores sont fermées pour la suite de l’élevage.
Après leur macération en amphore, les vins soutirés sont placés dans le bois pour un dernier élevage de un à deux mois avant la mise.

Aucun ajout de soufre n’est pratiqué avant la mise et, à la mise, celui-ci est minimalisé autant que possible avec une limite maximale de SO2 total dans le vin fixée de 30 à 50 mg/l. Dans les vins élevés en amphore, les taux de soufre utilisés sont encore plus minimes voire nuls, afin d’obtenir un fruit le plus naturel possible.

La mise en bouteille se fait sans filtration.

 

Les vins

Les vins du Trentino produits au domaine depuis le début des années 2010 sont les suivants :

 

Fontanasanta Manzoni Bianco

Les parcelles de ce vin se situent sur le domaine de Fontanasanta, sur les sols argilo-calcaires au-dessus de Trente que le Manzoni Bianco affectionne tout particulièrement.

Après les vendanges, les raisins sont égrappés et mis en fermentation dans des cuves en ciment. Après soutirage et élimination des peaux (celles-ci n’apportant pas un goût favorable au vin lors de l’élevage), les jus fermentés sont placés en fûts de 20 hl ou en amphores espagnoles pendant douze mois, puis assemblés.

Afin d’exprimer pleinement ses qualités, il est nécessaire d’attendre deux à trois ans après la récolte avant de le consommer à une température après au moins deux ou trois ans après la récolte.

Jusqu’en 2008, ce vin était additionné de sauvignon et élevé en bois pour donner la cuvée « Myrto » aujourd’hui abandonnée.

C’est clairement la fraicheur et la pureté qui sont ici recherchées mais qui demande 2 à 3 ans pour s’exprimer pleinement.

Fiche technique

Appellation : Fontanasanta Manzoni Bianco Vigneti delle Dolomiti IGT
Cépage : Manzoni Bianco
Localisation du vignoble : Fontanasanta (Trento)
Superficie des vignes : différentes parcelles totalisant 3 hectares à 6 000 pieds/ha en taille guyot simple
Sol : argilocalcaire
Fermentation et vieillissement : 10 jours de macération pelliculaire en citerne de ciment puis élevage dans des fûts d’acacia et en amphores pendant 12 mois
Production annuelle : 20 000 bouteilles


Fontanasanta Nosiola

L’amphore a été choisie pour élever ce vin parce qu’elle représente le meilleur contenant pour conserver toute l’énergie du cépage Nosiola sur des sols pauvres, la forme des amphores et la porosité de l’argile permettant un long contact entre le vin et les peaux, traditionnellement laissées en élevage depuis le passé. La période de macération se déroule amphores ouvertes et fait l’objet d’un pigeage journalier. Après les fermentations alcooliques et malolactiques (environ un mois) chaque amphore est fermée et scellée. Seule une ouverture subsiste pour la dégustation et pour parer à une éventuelle montée anormale de pression en cas de refermentation. Après 7 à 8 mois, les vins sont soutirés par pompage pour éliminer les peaux, assemblés puis placés deux mois en fûts d’acacia pour un élevage final avant la mise.

Ce vin requiert de la patience et du temps. Il exprime alors une très belle intensité aromatique avec de la fleur d’oranger, de la liqueur d’orange, des pêches blanches. En bouche, en plus de la tension marquée et caractéristique de la biodynamie et de l’élevage naturel, on retrouve une et cette sensation typique de tannicité propre aux vins blancs issus de macération. La finale est marquée par de très beaux amers.
Ce vin nécessite de plus une longue aération à une température de 15 degrés. Il y a aussi lieu de le servir au-dessus de 10°C ; en-dessous de cette température il peut devenir trouble et peu expressif.

Fiche technique

Appellation : Fontanasanta Nosiola Vigneti delle Dolomiti IGT
Cépage : Nosiola
Localisation du vignoble : Fontanasanta (Trento) à 400 mètres d’altitude.
Superficie des vignes : deux parcelles totalisant 2 hectares à 6000 pieds/ha en taille guyot simple
Sol : argilocalcaire
Macération et fermentation et vieillissement : En amphore de 450 litres avec les peaux pendant 8 Elevage : 2 mois en futs de d’acacia
Production annuelle : 8 000 bouteilles

 

Foradori

Les sols du Campo Rotaliano doivent leurs diversités à l’influence passée de la Noce qui a, au fil des siècles, déposé d’énormes quantités de débris divers en provenance des montagnes environnantes, calcaire, granit, grès porphyrique, etc…
Cette diversité, quand la vie des sols est bien respectée, est à l’origine d’un grand nombre de microcosmes, qu’au fil des ans, les vignerons ont su distinguer et comprendre. Pour faire la cuvée « Foradori », le domaine utilise essentiellement des vignes plantées sur des sols sablonneux, ce qui confère beaucoup de fruit au vin.
La fermentation a lieu dans des cuves en aciers en présence de 30 à 40% de rafles et est suivie, après soutirage d’un élevage classique de 15 mois en foudres de 2 à 3 ans ou en cuve d’acier. L’usage de bois neuf a été abandonné en 2006.

Le « Foradori » a souvent une intense couleur rouge cerise et un nez à la fois avec du fruit (cerises noires) mais aussi des touches très terrestres de graphite et de goudron. La structure de la bouche est souple et charnue, très vive et juteuse.

Fiche technique

Appellation : Teroldego « Foradori » - Vigneti delle Dolomiti IGT
Cépage : Teroldego
Localisation du vignoble: alentours de la ville de Mezzolombardo, de Campazzi, Settepergole et quelques autres sites.
Superficie de vignes : 12 hectares à 3 000 à 6 000 pieds par hectare en guyot simple
Sol : alluviaux avec des cailloux et des galets
Fermentation : dans des réservoirs en acier inoxydable
Vieillissement : 15 mois en foudres de 2 et 3 ans et en acier inoxydable
Production annuelle : 90 000 bouteilles


Teroldego Sgarzon

Les vignes de la cuvée Sgarzon dont le nom signifie « pousse » au Campo Rotaliano s’étendent sur un site ancestral de deux hectares, particulièrement vivant et plus frais, ce qui modifie très positivement le comportement de ce cépage en conférant au vin une fraicheur inhabituelle.

Celui-ci est fermenté et élevé pendant 8 mois à un an dans des amphores espagnoles avec les peaux pour préserver et amplifier la diversité. Par rapport aux cuvées Foradori et Granato en élevage plus classique, cette cuvée, comme la Morei, est totalement éraflée avant les phases de fermentation. Pendant celles-ci, le vin est pigé tous les jours. Après l’élevage en amphore, les vins sont séparés de leurs peaux et laissés se reposer encore trois mois en fûts d’acacia. L’usage de bois neuf est proscrit.

Avec la cuvée Morei, ce vin exprime pleinement la variabilité que peut conférer le terroir au Teroldego.

Fiche technique

Appellation : Teroldego Sgarzon - Vigneti delle Dolomiti IGT
Cépage : Teroldego
Localisation du vignoble : Parcelles Sgarzon à Mezzolombardo, Campo Rotaliano
Age moyen des vignes : 50 ans
Superficie de vignes : 2,5 hectares à 6 000 pieds/ha en taille guyot simple
Sol : argilo-sablonneux avec des galets et des cailloux à 50 cm de profondeur
Fermentation et macération : 8 mois à un an en amphore de 450 litres avec les peaux
Vieillissement : 3 mois en foudres de chêne
Production annuelle : 10 000 bouteilles

 

Teroldego Morei

Morei vient du mot « Moro » en dialecte du Trentin qui signifie « sombre » et les raisins qui proviennent de ces parcelles ne le démentent pas, tant ils paraissent nettement plus sombres eux-aussi. Ici les racines plongent particulièrement profondément dans les sols de sable, de pierres et de cailloux pour apporter une structure très dense, profonde, très mûre au vin, ce qui a pour conséquence d’amplifier encore le caractère minéral de cette cuvée par rapport au Sgarzon, plus fruité.
Les résultats obtenus au cours des dix dernières années d'utilisation de préparats biodynamiques ont montré que le caractère parcellaire de l’expression des vins nécessitait de proposer deux cuvées bien distinctes, Morei et Sgarzon. Le caractère propre de chacune d’elles est encore renforcé par l’élevage en amphores espagnoles. Par rapport au Sgarzon, plus fruité et frais, la cuvée Morei propose des vins denses, profonds, minéraux et puissants.

Les techniques de fermentation et d’élevage sont en tous points semblables à la cuvée Sgarzon

Fiche technique

Appellation : Teroldego Morei - Vigneti delle Dolomiti IGT
Cépage : Teroldego
Localisation du vignoble : Parcelles Morei à Mezzolombardo, Campo Rotaliano
Age moyen des vignes : 50 ans
Superficie de vignes : 2,5 hectares à 6 000 pieds par hectare/ha en taille guyot simple.
Sol : sablo-caillouteux avec des débris alluvionnaires abondant à la surface
Fermentation et macération : 8 mois en amphore de 450 litres avec les peaux
Vieillissement : 3 mois en futs de chêne
Production annuelle : 10 000 bouteilles

 

Granato

A travers le mot « Granato », on retrouve le fruit du grenadier, véritable emblème du domaine.

Les vignes et la grenade ont une origine méditerranéenne commune. La seconde développe autant de charme, de beauté et d’intensité que la vigne. C’est cette notion d’idéal qui a conféré son nom à cette cuvée, idéal dans le sens que pour elle, les meilleurs variétés du Teroldego ont été sélectionnées en fonction, chacune, de leur capacité à exprimer au mieux la minéralité des trois plus belles parcelles du Campo Rotaliano, permettant ainsi une sublimation du terroir.

Si ce sont les barriques qui sont encore actuellement vouées à l’élevage du Granato, les prochaines années devraient voire l’amphore prendre le pas, en tous cas pour une première période d’élevage.
De même si les premiers millésimes ont fait l’objet d’égrappage, Elisabetta laisse aujourd’hui 30 à 40 % de rafles afin de pouvoir allonger les macérations longues actuellement de 2 à 3 mois.
Tout comme pour la cuvée Foradori, l’usage de bois neuf a été abandonné en 2006.

Souvent de couleur très sombre, on reconnaitra généralement au bouquet des arômes de fruits noirs, de grenade, de réglisse ainsi que des notes de sous-bois. La bouche est pleine, concentrée mais avec beaucoup de finesse. Vu sa concentration et l’élevage assez important, ce vin nécessite une longue garde. Elisabetta estime l’apogée de ces vins à 7 à 8 ans, avec un net prolongement depuis la biodynamie. Ensuite, les vins se stabilisent encore pendant au moins une dizaine d’années.

Fiche technique

Nom : Granato – Teroldego Vigneti delle Dolomiti IGT
Cépage : Teroldego
Localisation du vignoble: alentours de la ville de Mezzolombardo, de Vignai, Cesura et Regin.
Superficie de vignes: 4 hectares de sites divers et précis plantés à 6 000 pieds par hectare en guyot simple avec un âge moyen des vignes de 35 ans
Sol : alluviaux avec des cailloux et des galets
Fermentation : en grands foudres de chêne ouverts
Vieillissement : 18 mois en fûts avec 70 % de bois neuf
Production annuelle : 20 000 bouteilles

 

Et après?

Ceci termine le volet "descriptif", même s'il est aussi terriblement subjectif et animé par ma passion pour les vins d'Elisabetta. La suite, c'est une dégustation au domaine qui sera publiée sous peu ici ainsi que le 23 juin, en guise d'apothéose, la visite d'Elisabetta à Bruxelles... mais cela, c'est une autre aventure...



Source:
http://alsacemaniac.canalblog.com/archives/2012/05/30/24377391.html

 

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